C’est quoi ?

La syphilis est une Infection Sexuellement Transmissible causée par une bactérie, le tréponème pâle ou Treponema pallidum
pour ceux qui aiment le latin…

Comment ça se transmet ?

Cette maladie infectieuse est extrêmement contagieuse. La contamination a lieu principalement lors d’un rapport sexuel
non protégé : par contact entre une muqueuse infectée (anus, rectum, gland, bouche, gorge) au contact d’une muqueuse d’une
personne saine. Les doigts, des objets non désinfectés (godes) ou ayant déjà été utilisés avec d’autres partenaires
(gants, capotes) peuvent être porteurs de Treponema pallidum.

Comment ça se manifeste ?

La syphilis n’a pas toujours de manifestations apparentes !

Phase primaire : 1 à 3 semaines après la contamination, apparition d’une ulcération ou « chancre syphilitique » sur une muqueuse :
petite plaie creusée ayant la particularité d’être le plus souvent indolore. Le chancre peut passer inaperçu s’il est hors de portée de
vue… Dans le rectum ou la gorge par exemple ! Il peut aussi se trouver sur la verge, les bourses, l’anus. Il persiste 2 à 4 semaines
puis disparaît spontanément.

Phase secondaire : 2 à 12 mois après la contamination, apparition de petites taches rosées (la roséole) à peine visibles sur la peau
et/ou sur les muqueuses sans démangeaison (rose pâle sur la peau, rouge sur les muqueuses du gland, de l’anus, de la gorge,
de la langue, des lèvres) qui s’accompagnent parfois de maux de tête, de fatigue, d’une hépatite, de chute des cheveux.
D’autres lésions de la peau peuvent apparaître quelques semaines ou mois après présentant des aspects très variés et déroutants :
la syphilis est surnommée par les médecins « la grande simulatrice » tellement les lésions peuvent être trompeuses et prendre
l’aspect d’un eczéma, d’une allergie, d’un psoriasis…

Phase tertiaire : Quelques mois plus tard (en cas d’infection par le VIH !) à quelques années après, atteinte du cerveau
(perte de l’audition, de la vue, paralysie), de la moelle épinière et du cœur. Gonflement d’un ou plusieurs ganglions.

Comment ça se dépiste ?

Un test de dépistage est le seul moyen de savoir, il peut être anonyme et gratuit dans un CDAG. Ce test peut être accompagné
d’un examen clinique si besoin. Le test (TPHA / VDRL) devient positif entre 15 à 20 jours après la contamination, mais un délai
de certitude de trois mois est nécessaire, comme pour le VIH, entre le dernier risque et le test pour affirmer qu’un test négatif
signifie l’absence de syphilis.

Comment ça se traite ?

Un traitement rapide et efficace existe : la syphilis se soigne ! Soit en injections intramusculaires soit en antibiotique approprié
en comprimé (selon le médecin) pendant 1 à 3 semaines selon le stade de gravité.

Comment se protéger ?

Un préservatif bien lubrifié à chaque rapport sexuel y compris pour les fellations. Cependant un risque existe notamment lors des
préliminaires par contact de muqueuse à muqueuse.

Ce que vous devez savoir ?

Le traitement ne protège pas d’une nouvelle contamination, en cas de nouveaux rapports sexuels non protégés ou fellation.
La syphilis peut s’attraper plusieurs fois. Les signes visibles peuvent disparaître même sans traitement, mais la syphilis reste
présente dans l’organisme et reste transmissible.

Si vous êtes séronégatif : La syphilis augmente le risque de transmission du VIH/SIDA lors de rapports sexuels non ou
mal protégés avec des partenaires occasionnels.

Si vous êtes séropositif : La syphilis évolue plus rapidement, les complications neurologiques sont plus fréquentes. Elle
augmente le risque de transmettre le VIH/SIDA lors de rapports sexuels non ou mal protégés avec des partenaires occasionnels.

Quelque soit votre statut, en couple ou célibataire, quelque soit votre sérologie : Si vous êtes multipartenaire, un test régulier
(tous les 6 mois) s’impose !

[Extrait du GUIDE DES SEXUALITÉS réalisé par l'ENIPSE (ex SNEG) téléchargeable ici ]